• L'héritage de l'Azur : Chapitre VIII

    Lorsqu'un matin dans les montagnes les plus hautes de ce monde, la petite Naïta quitte la légendaire cité des nuages pour rencontrer son avenir à la pointe du Destin, elle voit venir beaucoup plus qu'une enfant comme elle aurait pu espérer. Mais est-ce le cadeau d'une vie, ou la pire des malédictions qui se présente à elle ce jour là?

     

     L'héritage de l'Azur ©

     

    Lorsqu’elle se réveilla enfin, Naïta avait la sensation d’avoir dormi plus d’une lune. Son esprit s’était débattu tout ce temps, oscillant entre des rêves tumultueux et des cauchemars sans issues.

    Quand elle ouvrit les yeux, le chaman était à son chevet. Les cernes sous ses yeux clairs, déjà fatigués d’ordinaire, témoignaient du fait qu’il l’avait veillé pendant qu’elle était inconsciente.

    « Maître… » Marmonnât-elle en se redressant tant bien que mal contre la tête ouvragée du lit.

    « Bois ceci ! » ordonna celui-ci en lui tendant un bol d’argile fumant.

    Naïta obéi, porta la tisane de plantes médicinales à ses lèvres et bu une gorgée. Le breuvage lui arracha une grimace de dégoût. Il n’y avait pas de miel cette fois pour en atténuer l’amertume. Le précieux liquide doré et sucré se consommait avec parcimonie ici et il était conservé au temple comme un véritable trésor. Lorsqu’elle eu malgré tout terminé sa potion, le chaman lui repris le bol vide et le posa près du petit foyer où il jeta quelques poignées d’herbes et de résines odorantes sur les charbons ardents. Une épaisse fumée grimpa dans l’air et une odeur âcre envahit bientôt toute la pièce. Naïta tenta de sortir du lit mais ses bras la soutenaient à peine et ses jambes refusèrent de se déplacer. Le maître des prières se retourna et fronça les sourcils en revenant vers elle.

    « Oh non ! Pas question de bouger d’ici. A présent tu vas reprendre des forces et manger. D’ici quelques jours tu pourras te lever mais pour le moment tu restes tranquille. Est-ce bien compris ? »

    Il avait terminé sur cette question car il savait à qui il avait affaire et voulait être sûr d’avoir été entendu. Naïta obtempéra d’autant plus quand le chaman lui apporta un petit plateau de bois noir laqué garni d’une écuelle fumante de purée de pois et de courge, accompagnée de quelques tranches de viande séchée épicée ainsi que des galettes d’œufs de caille à la farine de blé noir. Un vrai festin après des jours de jeûne et d’inconscience. La fillette ne se fit pas prier pour engloutir sa pitance au risque de se brûler ou de s’étouffer. Le vieil homme resta assis près d’elle à la regarder, l’air amusé. Il était surtout rassuré à présent car il était le seul à savoir qu’elle avait bel et bien failli mourir. Si il n’avait pas fait lui même appel à la magie des Cóngs, il était certain que les simples soins prodigués n’aurait pas suffit à enrayer le mal qui avait atteint l’enfant lors de son séjour au fond du cachot. Toräl avait été trop loin cette fois.

    Mais déjà le visage rond de Naïta reprenait des couleurs. Ses pommettes hautes rougissaient à la chaleur du plat qu'elle avalait goulûment. Le maître l'observait silencieux. L'enfant avait extrêmement bien réagi aux rituels de guérison et elle avait pratiquement retrouvé toutes ses facultés et toute sa vigueur. Grande pour son âge, elle s'était toujours montrée agile et téméraire dans toutes les disciplines dispensées aux enfants de la cité. Le vieil homme détaillait son profil. Le front plat, le nez droit et le menton légèrement en retrait lui donnait, tout comme son père, cette attitude déterminée, parfois obstinée. Sa nuque toujours si droite lui procurait cette allure fière et digne qui n'était pas sans rappeler celle de certains sujets sur les fresques du temple. Le maître des prières avait toujours placé beaucoup d'espoir en cette enfant qui faisait preuve d'intelligence, de courage et de franchise en toutes circonstances.

    Entre deux bouchées, Naïta qui se sentait revivre, fit le tri dans ses souvenirs qui remontaient brusquement à la surface. Elle se frappa la poitrine avant de déglutir et se tourna vers le chaman.

    « L’Arcane… L’Arcane est revenu n’est-ce pas ? » 

    Le vieil homme qui s’attendait à la question avait entreprit d’allumer une longue pipe de bois sculptée dans laquelle il avait bourré des herbes sèches à l’odeur de pin et de miel chaud. Sa fuite avec Naïta dans ses bras lui revenait aussi en mémoire. L’Arcane était réapparu, de manière éphémère mais mémorable. De toutes évidences, il était revenu pour l’enfant, mais le maître des prières devait apprendre la raison qui avait poussé le dieu céleste à approcher aussi près de la cité. Jamais cela ne s’était produit jusqu’à ce jour. Considérée à tort comme une attaque, cette visite, certes un peu brutale, avait bousculée toute la ville une fois de plus. Toräl était dans tous ces états. Pourtant l’Arcane était reparti aussi vite qu’il était venu comme une bourrasque vive et agile, entonnant un long cri de frustration qui avait résonné dans toute la gorge.

    Le chaman tira quelques bouffées du mélange et scruta le regard de l’enfant.

    « De quoi te souviens-tu ? » demanda-t-il derrière un nuage bleuté échappé de ses lèvres plissées.

    Après l’attaque du cachot et son évanouissement, Naïta ne se rappelait plus de rien. Elle se souvenait simplement avoir failli être écrasée sous la chute du plafond de sa cellule et des hurlements de la bête couvrant les siens alors qu’elle se brisait les phalanges sur la porte fermée à double tour.

    « As-tu prié ou appelé l’Arcane durant ta réclusion ? » insista le vieil homme.

    La question étonna la fillette d’autant plus que c’est ce qu’elle avait effectivement fait. Sa surprise n’échappa guère au chaman qui se contenta de cette réponse muette.

    « Qu’as-tu dis ou fais exactement ? » 

    Naïta réfléchi un instant. Elle n’osait croire à ce que le maître des prières semblait supposer.

    « Je ne sais plus très bien. J’ai prié simplement. J’ai demandé à l’Arcane de me sortir de cet endroit sinistre. »

    Le chaman se laissa aller contre le dossier de son siège avec un soupir de contentement et un sourire énigmatique, comme si il avait trouvé la clé d’un mystère laissé trop longtemps en suspend.

    « Je ne comprend pas Maître. Que s’est-il passé ? » 

    Le chaman la regardait pensif. Il réfléchissait, tirant de plus grandes bouffées de sa pipe comme si elle allait lui apporter une réponse à ses interrogations. Il s’interrompit soudain.

    « C’est étrange vois-tu. Je pensais que tu avais fais venir l’Azur sans le vouloir en te servant de la puissance des Cóngs sur la pointe du Destin. Mais du fond de ta cellule, tu n’as ouvert aucune porte du Ciel et pourtant il est revenu, sans doute en réponse à une simple demande de ton esprit. Cela me paraît surprenant. Je savais que tu avais un don pour le maniement des pierres de prières mais appeler l’Arcane de ta seule voix c’est une chose extraordinaire. Digne du pouvoir des Anciens. » 

    Naïta fronça les sourcils.

    « Vous voulez dire que l’Arcane s’est manifesté une seconde fois uniquement en réaction à mes prières ? »

    Le chaman acquiesça en silence. Une pointe de fierté germait de nouveau dans l’esprit de Naïta après l’événement étrange de la pointe du Destin. Si le maître disait vrai, l’Arcane était venu pour elle. Juste pour elle. Pour la sauver. Cette pensée suscitait son orgueil malgré l’inquiétude. La fillette prit soudain conscience d’une chose. 

    « Mais alors… S’il venait pour me libérer, ce n’était pas une attaque ! » 

    Le chaman se redressa et quitta son siège pour attiser le feu et les charbons ardents qui réchauffaient la pièce.

    « En effet. Mais du point de vue des habitants, et surtout de Toräl, cela ressemblait à un véritable assaut, même s'il est certain que la créature ne s’est attaquée qu’à la roche de ton cachot. »

    Il jeta une nouvelle poignée de plantes sur les fragments incandescents.

    À l’évocation de son père, Naïta osa une question qui lui brûlait soudain les lèvres, même si elle devinait la réponse.

    « Mon père est-il venu durant mon sommeil ? » 

    Le chaman se tourna vers elle sans répondre, le regard empli de compassion. Naïta soupira.

    « Il ne me pardonnera pas cette fois… » 

    Le maître des prières avait de la peine pour la fillette, mais il ne souhaitait pas s’attarder sur ce sujet récurrent. Il savait bien que le ressentiment du chef des Changü envers sa fille était bien antérieur aux derniers évènements qui avaient secoués la cité. Naïta ne se trompait pas. Elle se savait différente mais, même si elle acceptait la situation avec courage depuis des années, elle n’avait pas toutes les clés de son histoire en main pour comprendre l’attitude de son père. Rien ne justifiait de traiter ainsi son enfant. Un frisson parcourra l’échine du vieil homme à la pensée du petit corps frêle et au seuil de la mort qu’il avait recueilli en ouvrant la porte du cachot. Dès qu’il l’avait tenu dans ses bras, un voile sombre avait traversé son esprit et il avait senti les derniers souffles de la fillette l’abandonner.

    « Lorsque tu as perdu connaissance et cessé de crier, l’Azur s’est volatilisé. La vigie affirme avoir vu un tourbillon de brume et de nuages remonter du fleuve vers les sommets dans un grondement furieux et disparaître dans le ciel. » 

    Naïta, oubliant vite son père n’en cru pas ses oreilles. Elle observa un moment le chaman qui avait entreprit de piler dans un mortier de marbre gris des petits morceaux de cristaux. 

    « Mais Maître ! Je ne comprends toujours pas. L’Azur n’est ni véritable, ni palpable. Il est notre dieu du Ciel mais n’a rien de commun avec le monstre que j’ai vu.»

    Le chaman retint son geste. Le pilon en suspend au-dessus des pierres réduites en une fine poudre blanche. Sans regarder la fillette il murmura.

    « Comment le sais-tu ? »

    La fillette interloquée ne su que répondre. Le maître des prières vida la poudre dans un bol.

    « Comment peux-tu en être sûre ? Certaines divinités puisent leur source dans la croyance plus que dans l’existence mais les deux les rendent réelles. L’Arcane est un seigneur du Ciel que nous vénérons depuis des siècles. L’Azur se trouve être son incarnation vivante qui se manifeste, certes rarement, et que l’on peut difficilement entrevoir, mais il est pour nous le lien unique entre le Ciel et la Terre. Créature de feu et de glace. » 

    Le chaman s’interrompit et versa dans un gobelet de grès rempli d’eau le contenu du bol avant de le tendre à Naïta. Elle comprit qu’elle devait boire cet étrange breuvage qui brillait de mille éclats. C’était comme, avaler de la poussière de Lune. Elle y voyait scintiller le cristal de roche et le quartz rose ainsi le vert tendre de la douce émeraude. Ce n’était pas la première fois qu’elle prenait ce genre de médication, mais la présence rare de la pierre précieuse dans son remède lui rappela brusquement la gravité de son état.

    Elle bu en silence, écoutant toujours le vieil homme qui s’était rassis près d’elle.

    « Il me semble que tu as quelque peu oublié ce que je vous ai enseigné. L’Azur et l’Arcane…

    Sont deux entités qui cependant ne font qu’un.

    Divinités qui pourtant viennent un matin... » 

    Naïta récita en même temps que le maître alors que la mémoire lui revenait des textes sacrés.

    « ... Porteurs de la clé de la source du Destin.

    Soutiennent l’éternité, devenant son gardien. »

    Le Chaman sourit.

    « Je vois que tu t’en souviens. Mais quelque chose me dit que tu ne comprends pas ce que tu prononces. » 

    « Bien sûr que si !... Et je comprends mieux à présent. J’avais oublié que l’Arcane est immortel. » 

    Le maître des prières leva l’index devant le visage de l’enfant.

    « Éternel ! Pas immortel. » 

    La fillette haussa les épaules.

    « Quelle différence ? » 

    Le chaman releva ses sourcils neigeux, ajoutant des lignes d’étonnement sur son front.

    « Une différence de taille mon enfant. Éternel signifie qu’il peut vivre des siècles voir des millénaires… À la seule condition que rien ni personne ne s’y oppose. » 

    « Cela veut donc dire qu’il peut être tué ! » 

    « Bien sûr. Sa longévité divine ne le met pas à l’abri de la folie des hommes, malheureusement. » 

    « Père disait que la dernière fois que l’Azur avait paru dans ces montagnes, il avait été abattu. Est-ce vrai alors ? »

    Le Maître eu une pensée pour ce jour particulier dont il ne se souvenait que trop bien.

    « Sans doute, même si on ne peux en être certain. » 

    « Mais puisqu’il est revenu… Puisque je l’ai vu, c’est bien la preuve qu’il a survécu. »

    « Il se peut que ce soit lui ou un autre venu de plus loin. » 

    « Mais Maître, il n’y a qu’un seul Azur ! » 

    « Non Naïta, justement. Là encore nous ne pouvons rien affirmer. Juste supposer. Tu dois savoir qu'il y a des milliers d’années l’Arcane comptait sur la Terre beaucoup de créatures semblables à lui. D’innombrables à vrai dire. Tous de la même espèce, mais leur anatomie différait selon le milieu auquel ils étaient liés. Certains peuplaient les airs, d’autres les montagnes et les forêts, les grottes et les cavernes reculées. D’autres encore habitaient le fond des abysses, le lit des rivières ou même le creux d’un volcan. »

    Naïta ouvrit de grands yeux.

    « Vous voulez dire que la Terre était peuplée de monstres comme celui que j’ai vu ? »

    Le vieil homme lui jeta un regard réprobateur.

    « De monstres ils ont peut-être l’allure certaine, de par leur taille, mais il ne faut pas se fier à cette apparence. Leur intelligence était immense et leur sagesse colossale remontait aux origines du monde. Au fil des siècles ils se lièrent à la race des Anciens. Une race qui précéda les humains et qui était semblable à ce que nous sommes, mais leurs connaissances et leur lien avec le vivant étaient bien plus étendus que les nôtres et ils les mirent au service des Arcanes. Ces derniers les protégeaient en retour et on raconte même que se sont eux qui leur apportèrent la source du feu et la lumière pour repousser les ténèbres. Les Cóngs nous viennent de l'estime que ces deux peuples avaient l'un pour l'autre, et de l'art dont ils savaient faire preuve. Elles furent façonnées par les Anciens et se sont les Arcanes qui gravèrent de leurs serres avec une extrême finesse les signes magiques que portent les pierres de prières que nous reproduisons de nos jours tant bien que mal. Ces sceaux fabuleux ciselés sur des pierres prodigieuses scellèrent à cette époque lointaine un pacte de sérénité entre les deux sangs. 

    Mais, bien plus tard, vinrent les hommes qui, ardents à dominer, tentèrent de soumettre les Arcanes et de s’emparer des Cóngs, dévastant le territoire des Anciens. Les souverains du peuple humain, curieux du mystérieux pouvoir des pierres de prières s’emparèrent des plus grandes et déclenchèrent un énorme bouleversement en ouvrant une gigantesque porte du Ciel sans connaissance de sa maîtrise. L’équilibre de la Terre se renversa. Elle monta vers le Ciel et le Ciel tomba vers la Terre. Beaucoup d’humains périrent et les Anciens disparurent. Après cet événement les hommes incapables d’assumer leur propre stupidité, décidèrent de se venger des Arcanes et de leurs pierres maudites, car les créatures du Ciel ne leur étaient pas venues en aide lors du cataclysme.

    On ne revit jamais les Anciens. Quant aux Arcanes, ils perdirent tout contact avec eux, subissant même, pour certains, une dégénérescence, perdant leur mémoire, la parole et leur si grand discernement. Les humains les réduisirent à l’état de bêtes sauvages et dangereuses. Beaucoup devinrent ce pourquoi on les prenait. Ils finirent par se cacher eux aussi, n’apparaissant dans certaines contrées que poussés par la faim ou à la recherche de leurs congénères. Là encore ils se retrouvèrent pourchassés par les hommes, avides de tout ce que l’Arcane pouvait offrir comme richesses. Les légendes qui circulaient sur ce sujet étaient légion. On disait que son sang guérissait toute les blessures et donnait vie éternelle à quiconque le boirait, que son cœur était empli de pierres précieuses, que ses écailles pouvaient donné la plus légère des armures et qu’elle résistait aux flèches et au feu. Mais la plupart des Arcanes blessés même grièvement n’étaient jamais retrouvés. On dit qu’ils allaient se cacher pour mourir ou pour se consumer eux-mêmes et renaitre de leurs flammes. Pourtant cela reste peu probable puisque au fil des siècles, il y en eu de moins en moins, de même que les loups ou les ours. Leurs seuls refuges après les bois ou les volcans, furent les plus hauts sommets de notre monde. Derniers lieux de paix et de silence sous les neiges éternelles où aucun humain n’aurait pu s’aventurer. Seuls les Arcanes et leur feu de vie pouvaient survivre à une telle altitude. C’est de là qu’est pourtant née la citée des nuages et le mythe d’Azur, l’Arcane du Ciel. Transmis de génération en génération dans notre tribu. »

    Le chaman ralluma le foyer de sa pipe et tira de nouveau quelques bouffées fumantes qui s’enroulèrent autour de sa barbe et de son front. Naïta pour sa part avait bu les paroles du vieil homme avec toute l’attention que l’on porte aux histoires les plus merveilleuses. En particulier lorsque l’on sait qu’elles peuvent prendre corps. Elle plongea ses prunelles bleues dans les yeux du maître.

    « Vous ne nous avez jamais appris cela. » 

    Le chaman soutint le regard de la fillette, quelque peu accusateur. Il se surprenait encore devant l'éclat azuré qui reposait sous ses paupières en demi-lune.

    « Ce n’était pas nécessaire, temps que l’Azur n’entrait pas dans votre vie.» 

    « Mais puisque les hommes désiraient la vengeance pourquoi n’ont-ils pas détruis les Cóngs? » 

    « Ils ont essayé mais ils n’ont pas réussis. Tu sais bien que ces pierres ne sont pas des pierres ordinaires. La marque des Arcanes les rendait indestructibles. Après maintes tentatives infructueuses les Cóngs furent enterrés, jetés au fond d’une rivière ou d’un ravin, oubliés près d’une tombe, déposés à l’orée d’une forêt. Certains racontent que les derniers Anciens cachés des yeux des humains les reprirent un à un pour les mettre en lieu sûr. D’autres disent que chez les humains, les femmes prirent certaines de ces pierres, croyant en leurs vertus et les gardèrent à l’abri des regards durant des siècles.

    « Et vous Maître ! Que croyez vous qu’il soit arrivé ? »

    « Ces deux suppositions sont exactes ! Sinon comment les humains auraient-ils appris à se servir des Cóngs ? Comment saurions-nous aujourd’hui maîtriser le pouvoir des pierres de prières si les Anciens ne nous avaient pas transmis leur savoir ? »

    « Cela veut dire que les Anciens n’avaient pas tous disparus ! » 

    « Non en effet. Et heureusement pour notre peuple, nous avons pu bénéficier des pouvoirs qu’ils nous ont légués. » 

    Naïta baissa les yeux sur son plateau vide, tentant de comprendre tout ce flot d'événements que le maître lui livrait tout à coup comme un privilège.

    « Mais alors, nous les Changü… De quel peuple sommes nous les descendants ? »

    En prononçant ces mots, la fillette avait instinctivement posé sa main sur sa poitrine, mais n’y trouvant pas ce qu’elle attendait, ses doigts se crispèrent sur sa tunique et elle s’écria, le regard affolé vers le chaman.

    « Mon médaillon !... Où est mon médaillon ? » 

     

     

    L'héritage de l'Azur : Chapitre VIII

     à suivre...

     

     

     

     

     

     

    Les portes du Temple.

     

     


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